Ligue du LOL : l’assignation m’accusant de dénigrement professionnel, harcèlement et diffamation publique annulée par le Tribunal Judiciaire de Paris

Tribunal Judiciaire de Paris (CC BY-SA 4.0 Chabe01)

Depuis février 2019, Mme Léa Lejeune, journaliste au magazine Challenges et présidente de l’association Prenons La Une, est intervenue à de nombreuses reprises dans des médias français et étrangers pour se plaindre de l’activité d’un groupe Facebook privé nommé “la Ligue du LOL”. Aucun contenu de ce groupe désormais fermé, auquel j’ai contribué durant plusieurs années ainsi qu’une quarantaine d’hommes et de femmes, n’a jamais été rendu public.

Parmi ses multiples interventions dans la presse, Mme Lejeune m’a explicitement désigné dans un témoignage publié sans contradiction par Slate.fr au sujet du cyberharcèlement qu’elle aurait subi par la faute de “la Ligue du LOL”. Après que j’ai exposé à la rédactrice en chef de Slate.fr l’absence de fondements de ces accusations, l’article a été mis à jour en retirant mon nom, comme je l’avais expliqué en détail dans un texte publié sur Medium en mai 2019.

Le 20 décembre 2019, Madame Lejeune a un communiqué annonçant qu’elle avait initié une action en justice contre moi pour “dénigrement professionnel, diffamation et harcèlement” : autant de faits prétendument commis par le biais de propos tenus via Twitter, courriels et articles publiés sur Medium qui ne visaient qu’à me défendre des accusations infondées portées à mon encontre par cette dernière.

L’annonce de cette action en justice contre moi, menée par l’avocat de Prenons la Une, a été massivement partagée sur Twitter. De nombreux journalistes, universitaires, militants et responsables politiques ont alors été prompts à relayer sans preuve ces calomnies, comme cela avait été le cas durant l’affaire m’ayant coûté -entre autres- ma réputation et mon emploi. Certains ont notamment jugé bon de me comparer publiquement à Roman Polanski, Harvey Weinstein, Christophe Ruggia et Denis Baupin, déclenchant de nouvelles vagues de haine à mon encontre.

Pourtant, j’insiste : l’ensemble des accusations à mon égard de Madame Lejeune sont parfaitement infondées, et je continue de les réfuter avec force. Il ne s’agit pas néanmoins de nier le travail nécessaire de l’association Prenons la Une qui lutte pour l’égalité professionnelle dans les rédactions, ni certains agissements répréhensibles commis à titre individuel par quelques-uns des contributeurs du groupe privé.

Par décision du 16 novembre 2020, la Présidente de la 17e chambre du Tribunal Judiciaire de Paris a annulé l’intégralité de l’assignation de Mme Lejeune et l’a condamnée à me verser une indemnisation au titre des frais irrépétibles.

Mme Lejeune n’a pas fait appel de cette décision de Justice, que j’ai accueillie avec soulagement : elle montre que la vraie justice n’a décidément rien en commun avec celle des réseaux sociaux.

Avec cette décision se tourne une page de ce fiasco médiatique aux conséquences dévastatrices pour moi. Le recul aidant, cet emballement inédit est d’ailleurs aujourd’hui publiquement dénoncé par certaines des personnes qui avaient témoigné à l’époque et qui réfutent depuis plusieurs mois, et , l’invraisemblable récit d’un “groupe Facebook de harceleurs”. Ce qui n’empêche hélas pas certains journalistes de colporter encore ce storytelling complotiste, à l’image de mon ex-employeur Libération .

Je remercie infiniment mes avocates, Me Karine Bourdié et Me Sabrina Goldman, pour leur travail et leur soutien dans cette épreuve.

Alexandre Hervaud

À lire aussi :

(Medium, 05/09/2019)

(Marianne, 24/10/2019)

(12/02/2020, ladn.eu)

(Charlie Hebdo, 04/09/2020)

(Le Point, 27/01/2021)

Rédacteur par-ci, par-là.

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